4. Développements futurs

+ Internet des objets

Nous venons de voir que les applications actuelles sont déjà extrêmement variées. Cependant, le champ d'application privilégié des RFID dans le futur pourraient bien être l'"internet des objets".

Il s'agit du croisement entre le monde réel et le monde virtuel. Autrement dit, on applique un identifiant unique à chaque objet afin de pouvoir l'identifier rapidement. Mais les puces RFID permettront bien d'autres perspectives. Elles pourront stocker des données et communiquer en temps réel avec les autres objets, avec son propriétaire, avec les utilisateurs etc. Les applications sont multiples : Votre frigo pourra tenir à jour la liste des provisions disponibles, vous ne perdrez plus jamais vos clés, les modes d'emplois seront intégrés aux objets, de même que les notices des médicaments, les visites des musées pourraient être beaucoup plus interactives... Si l'utilisateur est en possession du matériel adapté, des applications de réalité augmentée pourraient également enrichir son quotidien.

Le défi est immense, puisqu'il ne s'agit plus de mettre en place un système simple de communication entre une puce et un lecteur RFID, mais un véritable système complexe d'objets interagissant via RFID. Le défi de la standardisation indispensable est en phase d'être résolu avec l'adoption de l'Electronic Product Code (EPC) qui pourrait servir de système commun de communication. S'il n'est pas directement lié aux RFID, sa complexité le rend davantage adapté à un tel support.

Dans ce système, chaque objet disposerait donc d'un identifiant unique, sous la forme d'un Object Naming Service (ONS), sur le modèle du Domain Name System (DNS) que nous utilisons actuellement pour internet. Le coût des puces devra être réduit afin de pouvoir équiper un maximum d'objets. Pour l'instant, le coût d'une puce RFID est comprise entre 3 et 6 centimes pour une puce hautes fréquences (HF) et de trois centimes pour une puce ultra hautes fréquences (UHF). Cette différence s'explique par le fait qu'aux basses fréquences, la longueur d'onde est plus importante et nécessite une antenne plus longue. La solution consiste à bobiner l'antenne sur un support isolant. Ceci provoque une augmentation des coûts.

Les enjeux sont énormes. Le marché des puces RFID, qui était de 5 Mds$ en 2008, est estimé à 17 Mds$ en 2013, d'après le rapport "Technologies clés 2015". Mais les RFID pourraient en outre révolutionner nos modes de vie et de consommation, nous permettre d'économiser l'énergie, ou encore de renforcer la sécurité des personnes. Les enjeux ne sont donc pas seulement scientifiques et économiques, mais également sociaux et environnementaux.


vue d'artiste de l'internet des objets (source : econo-blog.com)

+ Economies de matières premières

La taille des puces RFID peut se limiter à quelques micromètre. Ainsi, en 2006, Hitachi avait déjà mis au point un tag de 0,15mm de coté et de 7,5 micromètres d'épaisseur. En permettant de communiquer à distance, ces puces permettent d'économiser sur le câblage, une austérité non négligeable au regard de la montée du prix du cuivre ces dernières années. Dans l'automobile ou l'aéronautique par exemple, le remplacement des câbles par des puces RFID permettrait en outre d'alléger les véhicules, permettant une économie d'énergie conséquente.

Cependant, le développement des RFID et de l'internet des objets devrait augmenter considérablement le volume de données échangées. Le stockage et le traitement de ces données aura alors l'effet contraire d'augmenter la consommation d'énergie. Mais des économies pourraient parallèlement être réalisées en améliorant la gestion énergétique des serveurs par le contrôle de la température, de la fréquence des processeurs etc ... grâce aux RFID!!!

+ Respect de la vie privée

Les RFID peuvent contenir tous types d'informations, et notamment des informations sensibles, comme sur les passerports, les cartes de crédits, les téléphones, les cartes vitales etc. Quelques méthodes de protection existent. Nous avons parlé des films métalliques pour protéger les passeports. Mais il est également possible d'utiliser des méthodes de chiffrement avancées, ainsi que des fréquences hors standards. Il convient toutefois de souligner que le risque 0 n'existe pas. Toutefois, le RFID n'est qu'un support, et toutes les informations contenues l'auraient été sur d'autres supports, non moins vulnérables. La multiplication des supports reste un problème, et il pourrait être intéressant d'envisager d'abandonner d'autres technologies afin d'éviter la multiplication des supports et donc des risques.